REMAPATH

REMAPATH N°10

Kanta Mariam1, Goita Aissata1, Touré Boubacari Ali1, Berthé Diakalia Siaka1, Kéné Sékou1, Koureichi Mahamoud Mahamadou1, Diabaté Drissa1, Coulibaly Moussa1, Coulibaly Mody1, Keita Coumba1, Sarro Yeya dit Sadio1, Guindo Aldiouma1.

Résumé (Français):

La cellulite orbitaire est une urgence ophtalmologique potentiellement cécitante. Sa survenue chez l’enfant drépanocytaire est rare mais grave, du fait de l’immunodépression fonctionnelle et du risque de confusion avec une crise vaso-occlusive.
Il s’agissait d’une fille de 10 ans, drépanocytaire SC non suivie. Elle s’est présentée avec une tuméfaction palpébrale bilatérale, fièvre à 39,6°C et céphalées. L’évolution a été marquée par l’adjonction d’une exophtalmie, un ptosis et une douleur oculaire le deuxième jour. Le scanner a objectivé une collection sous-orbitaire. Le bilan biologique montrait une anémie (Hb 7 g/dl) et une hyperleucocytose à 25 000/mm³. Un traitement par antibiotiques (ceftriaxone, métronidazole, gentamicine), anti-inflammatoires stéroïdiens et transfusion a été instauré. L’évolution a été favorable avec apyrexie au quatrième jour et régression de la tuméfaction.
Chez le drépanocytaire, la vaso-occlusion et l’asplénie fonctionnelle favorisent les infections à germes encapsulés. La cellulite orbitaire peut mimer une crise vaso-occlusive, retardant le diagnostic. Une antibiothérapie précoce et une surveillance étroite sont essentielles.

Conclusion : Devant tout œdème palpébral fébrile chez un enfant drépanocytaire, une cellulite orbitaire doit être évoquée sans délai pour éviter des complications visuelles ou neurologiques.

Mots clés: Cellulite orbitaire, Drépanocytose, Enfant, CRLD

Kanta Mariam1, Goita Aissata1, Touré Boubacari Ali1, Berthé Diakalia Siaka1, Kéné Sékou1, Koureichi Mahamoud Mahamadou1, Diabaté Drissa1, Coulibaly Moussa1, Coulibaly Mody1, Keita Coumba1, Sarro Yeya dit Sadio1, Guindo Aldiouma1.

Résumé (Français):

La tuberculose ostéo-articulaire (TOA) est rare chez l’enfant, mais sa survenue sur un terrain drépanocytaire peut en retarder le diagnostic en raison de la similitude clinique avec les crises vaso-occlusives. Nous rapportons un cas de TOA chez une fille drépanocytaire homozygote.
Il s’agissait de Mlle DT, âgée de 6 ans de phénotype drépanocytaire SS. Elle avait reçu son vaccin BCG à la naissance. Mlle DT a consulté pour des douleurs dorsales chroniques, fièvre vespéro-nocturne, sueurs, amaigrissement et difficultés à la marche. L’examen clinique objectivait une sensibilité rachidienne dorso-lombaire, une raideur et une faiblesse des membres inférieurs. La radiographie montrait une ostéolyse avec tassement vertébral. L’intradermo réaction (IDR) à la tuberculine était ≥ 15 mm. La radiologie a révélé une ostéolyse avec effondrement vertébral, un pincement discal faisant discuter à priori une spondylodiscite tuberculeuse.
Un traitement antituberculeux (RHZE puis RH) d’épreuve a été instauré en dehors d’autres arguments probants pouvant confirmés le diagnostic de tuberculose osseuse, pendant 12 mois, associé à une transfusion, de l’acide folique et une immobilisation. L’évolution a été favorable.
L’association drépanocytose-TOA est rare mais sous-diagnostiquée. L’ostéonécrose aseptique peut servir de site de surinfection tuberculeuse. Le retard diagnostique est fréquent. Chez notre patiente, le diagnostic a été clinico-radiologique.
Conclusion : Devant des douleurs rachidiennes chroniques chez un enfant drépanocytaire homozygote, l’hypothèse d’une tuberculose osseuse ne doit pas être exclut même si les CVO sont fréquentes.

Mots clés: Drépanocytose, tuberculose ostéo-articulaire, ostéonécrose, CRLD